
"UNE INTROSPECTION PERMANENTE, UN APPRENTISSAGE INFINI"
D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours peint ou dessiné.
Déjà, enfant, ma mère nous faisait faire toutes sortes d’activités manuelles ou artistiques. Elle n’avait de cesse de cultiver le beau en nous, de nous apprendre à voir la beauté de la nature et à l’exprimer sur un support :
Décors de théâtre, pots-pourris, mosaïques, peinture, dessin, tout était bon pour nous apprendre à créer de nos mains.
Je me rappelle également de concours de dessins organisés par ma mère dans mon village natal, et même des années plus tard, lorsqu’elle enseignait les mathématiques dans un petit collège privé, elle a trouvé le moyen de faire dessiner à ses élèves des fresques, des figures géométriques décoratives…
Sa soif d’expression coule dans mes veines et sans elle je ne serais pas là où je suis aujourd’hui. Encore maintenant c’est un soutien et un pilier sans faille qui me pousse à me réaliser et à m’accepter en tant qu’artiste. Elle est également devenue une consœur puisque peintre elle aussi.
Je n’ai donc jamais lâché mes crayons ou mes feutres depuis l’enfance. Vers l’âge de treize ans, je prends mes premiers cours de peinture avec une amie de ma mère, peintre, Clothilde Devillers. Accompagnée de ses doux conseils, j’ai commencé mon apprentissage.
J'ai également beaucoup appris de Marie-Agnès Matthieu, avec qui j'ai eu plusieurs cours de peinture, mais aussi de mosaïque.
Mon parcours scolaire fut assez classique. J’ai passé un bac scientifique pour lequel je ne ressentais aucune motivation bien qu’avec le recul je reconnais aisément les bienfaits que cela m’a apportés.
Par la suite j’ai intégré une école professionnelle pour étudier la marqueterie sur bois. Ce fut mon entrée dans le monde de l’artisanat et de l’art. J’ai pu perfectionner mes techniques de dessin, apprendre l’histoire de l’art et côtoyer des jeunes et des professeurs, touchés eux aussi par l’amour du beau. Cette période de ma vie fut très riche en apprentissage et en créativité. C’est là que je me suis rendu compte, lors de sessions de dessins libres très intenses, que l’émotion procurée par un trait de crayon posé exactement tel qu’on l’avait imaginé était d’une puissance inimaginable. Là, je ferai aussi la rencontre de l’homme qui partage ma vie aujourd’hui, Nathan.
Après un CAP à l’école Boulle, je suis redescendue dans le Sud. Les choix que je fis ainsi que ma vie de couple m’ont éloignée de ce monde pour un temps et fait oublier en moi ce besoin profond d’expression. Au cours de cette période, je continuais le dessin, de manière irrégulière mais toujours intense. Plus le temps passait et plus ce besoin viscéral devenait puissant.
C’est à ce moment, il y a maintenant 7 ans, que ma mère, partageant cette même soif d’expression, me parle d’un peintre et professeur de peinture à l’huile, Jean-Christophe Gondouin.
Dans un premier temps, n’étant pas disponible, il nous confie à son ancienne élève Laura Ghirardelli, peintre elle aussi.
Ce fut le coup de foudre, autant pour la personne de Laura, douce et claire dans ses explications, que pour cette technique de peinture à l’huile « Alla prima »
Chaque touche de peinture que l’on pose forme petit à petit le tableau, on pose les touches, on se recule, et le tableau apparaît. En une seule séance, une toile plus vivante que jamais est créée. Incroyable !
Fortes de cette première expérience, nous nous inscrivons pour les cours en atelier avec Jean-Christophe.
Guidée par sa bienveillance et la technique rigoureuse qu’il enseigne, je me suis rendu compte très vite que cette peinture à l’huile, me paraissant si difficile et inaccessible, non seulement était à portée de main, mais allait devenir mon alliée, ma ressource, mon phare dans la nuit.
Cette façon de peindre a complètement changé le regard que je porte au monde, a décuplé mes facultés d’observation, m’a redonné le goût de la contemplation.
Chaque élément qui m’entoure et chaque émotion que je vis peuvent être inscrits sur une toile. Une introspection permanente, un apprentissage infini.
Aujourd’hui, prise au milieu du tourbillon de la maternité, la chose ancrée et solide en moi est la peinture.
Je ne pourrai plus vivre sans peindre.
Merci à vous de prendre part à mon aventure
Clémence Nouguier